jeudi 10 février 2011

le risque du mensonge

Trouvé sur un blog récemment, la question de l'ancrage du langage dans la réalité :
Dès les débuts de la philosophie, un lien essentiel, ontologique, nécessaire existe entre le langage, la vérité et les intentions des locuteurs : le monde se tient ensemble comme nous le voyons car les mots ont une référence, sont ancrés dans le monde extérieur, et le locuteur, en utilisant ces mots, les utilise avec l’intention de respecter cet ancrage : l’usage subversif du langage de la part des sophistes contient donc un danger métaphysique : de perdre l’ancrage fondamental de la référence au monde. Le mensonge est l’outil diabolique de ceux qui possèdent l’art de parler : en énonçant ce qu’il sait être faux, le menteur met le monde à l’envers, et soustrait au langage sa puissance métaphysique fondamentale d’assurer le lien sémantique entre paroles et objets. Le langage étant le miroir du monde et sa représentation fidèle, tout usage impropre, vicieux, comporte le risque de casser le miroir : d’ici la responsabilité morale de tout locuteur : si on veut préserver ce lien précieux, constitutif de la réalité extérieure, on a la responsabilité de faire bon usage de la parole.
“Pourquoi est-il si grave de mentir ? Du mensonge en philosophie” par Gloria Origgi (25 janvier 2011)

mercredi 9 février 2011

Quelques extraits de C. Podguszer et S. Tomasella

Ces extraits comme un viatique ou un livre d'heures contemporain, pour m'aider à passer tous ces tremblements de terre, le dernier en date : l'homme que j'aime qui ne veut plus ni me voir, ni m'entendre, ni me lire, mais ne me quitte pas pour autant... Les précédents étaient bien pires.

"C'est vrai, il y a la façade, ou le paraître pour être apprécié(e), reconnu(e), aimé(e)... ou pour ne pas être remarqué(e) et se fondre dans l'anonymat. Pourtant, au fond, il y a bien d'autres éléments : un personnage, ou plusieurs, avec toutes ses facettes, sa complexité, sa sensibilité, ses ombres cachées et souvent inavouées. Il n'est pas facile de s'accepter tel que l'on est. Nous avons des surprises,bonnes ou moins bonnes, en nous découvrant un peu plus nous-même et en allant davantage vers les autres. Cette démarche n'est pas évidente, mais ensuite, nous sommes moins enclins à tenir les autres - ou le destin !- pour responsables de nos déboires. Ces remises en question de nos schémas de pensée et de nos habitudes de vie sont des moments douloureux à traverser. Elles sont pourtant indispensables pour arriver à sortir du cercle infernal de la répétition."

"Il existe chez tout être humain un risque de se complaire dans la douleur, la souffrance ou le malheur. Lors de certaines séances qui peuvent sembler très rudes, une confrontation à cette réalité est nécessaire. Dans quelle mesure et jusqu'à quel point j'accepte ou je choisis de souffrir et de passer à côté de ma vie ?"

"La négation de l'autre et de la relation crée des malentendus et des souffrances qui demandent beaucoup d'énergie, de ténacité, pour être dépassés."

mercredi 2 février 2011

Premier extrait de l'Eloge de l'amour, Alain Badiou, Nicolas Truong, Flammarion

"Dans l’amour, il y a un risque énorme qu’on fait endosser au langage. Il s’agit de prononcer une parole dont les effets, dans l’existence, peuvent être pratiquement infinis. Le mots les plus simples se chargent alors d’une intensité presqu’insoutenable."