jeudi 6 janvier 2011

La première bibliographie

Cette première biblio est née d'une demande d'une jeune femme, apparemment prof de français dans un collège en région parisienne, qui m'a contactée par FB pour me demander des conseils de lecture. Elle s'est adressée à moi, après avoir lu, écrit-elle, un article publié dans un ancien numéro de Télérama, qui relatait le travail que je faisais avec mes élèves lorsque j'étais encore dans le secondaire.
Les élèves qu'elle a en classe de troisième lui réclament des histoires proches de leurs préoccupations, tournant autour des comportements des plus ou moins adolescents désoeuvrés, livrés à eux-mêmes, dans les milieux populaires des "cités", des "quartiers". La demande rudimentaire, certes, mais explicite portait sur des oeuvres abordant les addictions, les conflits entre ados et tout ce qui peut soutenir un imaginaire les renvoyant à une image d'eux-mêmes conformes à ces faits divers relatant des actes violents, ce qui passe pour une transgression, le drame, la revendication de ce que certains sociologues appellent des contre-valeurs, le malaise adolescent, la jouissance de se sentir victime, le narcissisme caractéristique de ce temps de la vie, la relation fusionnelle et souvent perverse, la relation frustre à un autre non reconnu comme Autre et pour cause...
Le pouvoir de la littérature réside précisément dans le fait qu'elle donne accès à ces jeunes lecteurs à une mise en intrigue de ce qu'ils estiment être leur propre vécu, à une symbolisation nécessaire à leur développement. Je renvoie simplement à ce qu'a écrit Michèle Petit, anthropologue, sur la lecture dans son ouvrage paru chez Belin Eloge de la lecture, construction de soi.

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